Contribution

L’ambition de l’Arcep : des services de télécommunications fiables, accessibles et de qualité, aujourd’hui comme demain

Par Laure de La Raudière,
Présidente de l’Arcep

Alexandre Biard, Juriste au Bureau Européen des Consommateurs (BEUC)
Laure de La Raudière

Les services des télécommunications sont au cœur de la vie quotidienne des Français, et la stratégie de l’Arcep « Ambition 2030 » est de garantir leur accès partout, pour tous et pour longtemps. Le fonctionnement concurrentiel du marché des télécommunications, l’aménagement numérique du territoire, la qualité et la pérennité des réseaux font ainsi partie des objectifs stratégiques de l’Arcep.
C’est dans ce cadre que le programme du « New Deal mobile » lancé en 2018 et le plan France Très Haut débit, mis en place dès 2013, ont été conçus : afin d’améliorer l’accès aux réseaux mobile et fibre, notamment dans les territoires ruraux.

Aujourd’hui, plus de 99,7% de la population ont accès à un réseau mobile en bonne couverture. En 2025, l’Arcep a opéré une refonte totale de son site Mon réseau mobile[1] avec des cartes de couverture à plusieurs niveaux, permettant ainsi d’avoir une connaissance plus fine de la réalité des services mobiles à une adresse donnée. C’est un outil intéressant pour savoir quel opérateur choisir selon le lieu d’habitation ou de travail.

Par ailleurs, le déploiement de la fibre s’est poursuivi, avec plus de 94% des locaux qui peuvent être raccordés, et désormais 80% des Français ont choisi cette technologie pour leur accès fixe à internet.
Pour autant, plusieurs sujets préoccupent les utilisateurs, comme le révèlent les signalements déposés sur notre plateforme « J’alerte l’Arcep[2] » :

Les difficultés de raccordement à la fibre, ou des soucis de qualité, en font partie. Depuis 2023, l’Arcep surveille la qualité via un observatoire et suit avec attention les plans d’action mis en place par la filière pour l’améliorer. Elle engage les opérateurs à mener des plans de reprise des réseaux les plus problématiques, à assurer un meilleur contrôle des interventions des techniciens et à respecter les obligations de complétude des réseaux. Même si la tendance générale tend vers une amélioration de la qualité, l’Autorité n’hésite pas à ouvrir des procédures de sanction lorsque la situation le justifie.

Parallèlement, Orange met en œuvre son plan de fermeture du réseau cuivre, support des services d’accès internet « ADSL » ou téléphonique. Ce plan se déroule progressivement commune par commune jusqu’en 2030, dans le cadre fixé par l’Arcep, à savoir que le réseau fibre doit être déployé et que les offres sur fibre (Internet ou téléphone) doivent être disponibles.

Pour connaître la date de fermeture du cuivre sur une commune, il suffit de renseigner son adresse dans l’onglet « débits à l’adresse » sur notre site Ma connexion internet[3] .

Les opérateurs ont aussi annoncé la fermeture des réseaux 2G et 3G : Orange fermera son réseau 2G d’ici fin 2026, et SFR et Bouygues Télécoms le leur d’ici fin 2027. Le cadre européen des communications électroniques rappelle que les opérateurs sont libres de choisir la technologie (2G, 3G ou autres) qu’ils mettent œuvre pour utiliser les fréquences mobiles qui leur ont été attribuées. Cette évolution est observée au niveau mondial, elle répond à des enjeux économiques, environnementaux et de sécurité. Les équipements non compatibles avec la 2G ou la 3G, anciens téléphones ou objets connectés devront être remplacés. L’Arcep veille aux actions d’accompagnement des opérateurs et invite chacun à anticiper la transition en réalisant un diagnostic de ses équipements. Elle publie un observatoire trimestriel de suivi des cartes SIM 2G ou 3G/2G encore actives pour monitorer l’évolution du parc.

Enfin, de nombreux signalements faits auprès de l’Arcep concernent l’usurpation de numéros, notamment utilisés pour le démarchage abusif ou frauduleux : un irritant majeur pour nos concitoyens. Depuis 2023, les opérateurs doivent authentifier le numéro affiché lors d’appels entrants au moyen d’un dispositif technique appelé MAN. La loi oblige les opérateurs à couper tout appel qui ne serait pas passé par ce dispositif.

L’Arcep a fixé des règles très claires, comme l’interdiction de l’usage de numéros mobiles (en 06 et 07), ou encore, le masquage (« numéro inconnu ») des numéros provenant de l’étranger, que les opérateurs ne pourraient pas authentifier.

Tous les signalements, que ce soit ceux déposés auprès de la Médiatrice des télécommunications ou sur notre plateforme « J’alerte l’Arcep », nous sont utiles : ils offrent un éclairage précieux sur les attentes et les préoccupations des utilisateurs face à un secteur en constante évolution. Ils permettent d’identifier les dysfonctionnements persistants, d’orienter l’action de l’Arcep et de renforcer le dialogue entre les acteurs. Ils s’inscrivent ainsi pleinement dans l’ambition portée par l’Arcep de veiller à ce que les citoyens et les entreprises disposent des services de télécommunications fiables, accessibles et de qualité, aujourd’hui comme demain.