Contexte
Monsieur B a constaté que son accès fibre a été interrompu et indique que les interventions programmées par son opérateur afin de rétablir le fonctionnement de ses services n’ont pas été honorées.
Il précise avoir été informé du fait qu’il n’était plus éligible à la fibre et que son opérateur lui a proposé de repasser sur une technologie utilisant l’ADSL, ce qu’il a accepté.
Toutefois, après avoir réceptionné le matériel associé à l’offre ADSL, monsieur B n’a jamais eu accès aux services ADSL et a continué d’être facturé de son offre fibre.
Monsieur B attend de l’opérateur le rétablissement de ses services fibre ou à défaut l’installation de la technologie ADSL ainsi qu’un dédommagement.
Analyse de la Médiatrice
La Médiatrice observe, tout d’abord, que l’adresse de Monsieur B n’est plus éligible à la fibre, tant sur le site de l'opérateur commercial que sur le site de l'opérateur d'infrastructure.
A ce titre, elle précise qu'un cas d'inéligibilité à la technologie fibre peut être lié à deux causes :
- Soit à la nécessité d'effectuer des travaux supplémentaires car l'infrastructure existante ne permet pas en l'état de raccorder un logement à la fibre,
- Soit à une erreur d'adressage de sorte qu'une mise à jour de la base de données de l'opérateur d'infrastructure est nécessaire.
La Médiatrice indique que, dans un cas comme dans l'autre, une intervention de l’opérateur d'infrastructure est un préalable indispensable.
La Médiatrice rappelle également qu’à la suite du lancement du Plan Très Haut Débit en 2013 par le Gouvernement visant à couvrir l'intégralité du territoire national en très haut débit à horizon 2022, l'opérateur historique Orange a annoncé sa volonté de fermer techniquement le réseau cuivre ADSL d'ici 2030.
Elle souligne que la fermeture technique du réseau cuivre par Orange doit, dans un premier temps, et sous contrôle de l'Autorité de Régulation des Communications Electroniques, des Postes et de la distribution de la presse (ARCEP), passer par un arrêt de la commercialisation des offres ADSL. Cet arrêt est effectué selon un calendrier défini par Orange et selon des lots définis (c'est-à-dire un ensemble de communes ou de parties de communes), sous réserve que l'intégralité des habitations présentes dans le lot soit raccordable au Très Haut Débit.
La Médiatrice ajoute que le plan de fermeture du réseau de boucle locale cuivre d'Orange prévoit que cette fermeture se fasse en deux étapes : dans un premier temps, et progressivement jusqu'en 31 janvier 2026, plus aucun consommateur ne pourra souscrire une offre ADSL ("fermeture commerciale"). Dans un deuxième temps, à partir de 2026 et jusqu'en 2030, les abonnés cuivre existants devront souscrire à une offre fibre, dès lors qu'ils se trouveront dans une zone fibrée, ou opter pour un abonnement 4G, le cas échéant ("fermeture technique").
Cependant, la Médiatrice a constaté, lors de l’étude du dossier de Monsieur B que sa commune n’était pas concernée par l’arrêt de l’ADSL. Elle estime ainsi qu’il apparaît surprenant que monsieur B ne puisse pas disposer d’un accès ADSL et l’invite à saisir les services de l’ARCEP pour leur signaler cette situation
Entre temps, Monsieur B ayant résilié son abonnement, sa demande de rétablissement des services n’est plus d’actualité.
En revanche, puisque Monsieur B n’a pas pu bénéficier de ses services pendant près de 7 mois, la Médiatrice estime que l’opérateur a manqué à son obligation contractuelle et à son obligation de résultat.
De plus, puisque la brochure tarifaire applicable à l'abonnement souscrit par Monsieur B précise qu'en cas d'absence du client, l’opérateur se réserve le droit de facturer des frais, la Médiatrice considère que les interventions non honorées par le technicien doivent aussi ouvrir droit à une indemnisation pour le consommateur.
Proposition de solution de la Médiatrice
Compte tenu du manquement relevé, la Médiatrice invite l’opérateur en complément de la régularisation d‘abonnement, à allouer à Monsieur B un dédommagement et une indemnisation au titre des rendez-vous non honorés.
Compte tenu des difficultés rencontrées, la Médiatrice attire l’attention de Monsieur B sur le fait que certains opérateurs proposent des formules d’abonnement permettant d'accéder à internet via une antenne satellite. Elle ajoute également que selon la qualité de réception du réseau mobile au domicile de Monsieur B, la souscription d'un abonnement de type Box 4G ou 5G pourrait constituer une alternative possible.
A LIRE POUR MIEUX COMPRENDRE :
Voir la fiche pratique sur l'arrêt du cuivre