Rapport annuel 2025

L’édito de la Médiatrice

Médiatrice des communications électroniques depuis mai 2019, mon mandat a été renouvelé pour la troisième fois en avril 2025.

Je suis de nouveau heureuse de vous partager l’activité de la médiation des communications électroniques pour l’année 2025, que je peux inscrire dans la connaissance et l’expérience de ces 7 dernières années

Valérie Alvarez
Valérie Alvarez
Médiatrice des communications électroniques

Quatre faits marquants 2025

2025 est à nouveau une année vertueuse pour mon activité qui est totalement liée à la structure et à la conjoncture du marché des télécoms.

Fait marquant

Nouveau palmarès des typologies de litiges : retour du mobile en tête des litiges

2025 est marquée par un changement de palmarès des typologies de litiges qui me sont soumis.

Après deux années, 2023 et 2024, où la fibre prenait la première place des conflits entre les consommateurs et les professionnels, le mobile reprend en 2025 la tête du palmarès des différends qui me sont soumis (47%). La fibre est ainsi en seconde position (40%) devant l’ADSL qui confirme sa troisième place de ce classement (11%), poursuivant sa baisse constante depuis 2019.

Ce constat reflète la situation du déploiement de la fibre en France.

Selon les chiffres de l'Arcep, la fibre couvrait au 30 septembre 2025, 93,5 % des foyers. Sur les 45 millions de locaux recensés dans l'hexagone, plus de 42 millions sont déjà raccordés à la fibre optique, tandis que près de 3 millions restent encore à rendre raccordables, surtout dans les zones moins densément peuplées.
Concernant les abonnements, la France comptait 26,3 millions d'abonnements à la fibre optique, ce qui représente 80 % du nombre total d'abonnements internet.
La France s’approche de la fin du chantier historique de la construction de ce nouveau réseau de communications électroniques, lancé il y a plus de dix ans, avec un ralentissement des déploiements et des disparités territoriales.

J’appelais de mes vœux en 2022 que le basculement vers le tout-fibre et la disparition du réseau cuivre s’accompagnent d’une amélioration de la qualité des réseaux fibre par les opérateurs d’infrastructure. Je suis satisfaite de constater que les chiffres 2025 valident la baisse du nombre de problèmes et d’insatisfactions des consommateurs grâce notamment à l’action des opérateurs commerciaux et de l’observatoire qualité des réseaux fibres mis en place par l’ARCEP.

Les litiges dans le mobile (47%) qui suivaient une tendance baissière depuis 2020 avaient déjà connu une hausse importante en 2024 (+5) et poursuivent leur progression importante en 2025 (+ 6). Je constate que ces progressions sont le fait de circonstances conjoncturelles différentes.

En 2024, la hausse s’expliquait d’une part, par des litiges relatifs aux informations précontractuelles lors de la souscription d’un nouveau contrat. Et, d’autre part, par des litiges relatifs aux modifications contractuelles lors de l’exécution d’un contrat en lien avec les augmentations tarifaires des opérateurs.

En 2025, la hausse des litiges concernant le mobile s’explique principalement par des litiges en lien avec les sujets du roaming hors Union Européenne (data et voix) et de problèmes de facturation en zones transfrontalières, consécutivement à la reprise des déplacements à l’étranger des consommateurs.
C’est pour cela que j’ai rédigé quatre nouvelles recommandations sur le mobile dont une sur le roaming sur les huit faites aux professionnels cette année.

Mon activité pour les prochaines années pourrait donc s’orienter essentiellement sur le mobile et la fibre auquel pourrait se rajouter le satellite en raison du changement du paysage des communications électroniques, avec la disparition de l’ADSL et de la ligne fixe RTC ainsi que le développement du satellite.

Fait marquant

Confirmation de la baisse de la conflictualité dans le secteur des communications électroniques

L’année 2025 est également marquée par la légère augmentation, voire la quasi-stabilité des saisines de la médiation des communications électroniques (+1%) portant le nombre de saisines en 2024 de 7417 à 7506 saisines en 2025.

Cette légère hausse des saisines s’inscrit après trois années consécutives de baisse des saisines, confirmant ainsi une offre de services de communications électroniques de qualité en France, des services clients performants chez les professionnels et la baisse de la conflictualité dans le secteur des télécoms.

Ce nombre peu élevé de saisines de la médiation des communications électroniques est atypique dans le paysage de la médiation de la consommation. En effet, dans son rapport annuel 2022 - 2025, la Commission d’Evaluation et de Contrôle de la Médiation de la Consommation (CECMC) indique que les volumes de saisines ont doublé depuis 2017 et continuent de progresser fortement (environ 210 000 saisines ont été traitées en 2024). Ceci peut s’expliquer notamment par une meilleure connaissance de la part des consommateurs de leur droit à recourir à la médiation de la consommation et du plus grand nombre de litiges rencontrés dans certains secteurs.

Je rappelle que le secteur des télécoms est le premier secteur privé à s’être doté d’un dispositif de médiation et d’un Médiateur unique et indépendant dès juin 2003, quand les opérateurs télécoms ont adopté une charte de médiation et constitué une association pour animer cette initiative de résolution à l’amiable des litiges.

7506 saisines pour la Médiation des Communications Électroniques
210 000 saisines pour la Médiation de la consommation

Fait marquant

Un taux d’irrecevabilité des saisines qui reste trop élevé

Cette année le taux d’irrecevabilité des saisines est encore trop élevé (4191) malgré les informations disponibles sur les différents supports de communication des professionnels et le site internet de la médiation des communications électroniques.
Sur le site, une rubrique spéciale guide le consommateur pour savoir s’il peut ou non saisir la Médiatrice, du litige qui l’oppose aux professionnels et si son dossier peut être déclaré recevable.

Mais malgré cela, trop de dossiers restent irrecevables en médiation principalement pour deux raisons :
Selon la Commission d’Evaluation et de Contrôle de la Médiation de la Consommation (CECMC) en France, la part des saisines irrecevables tous secteurs d’activité confondus demeure trop importante (plus de 49% en 2024), ce qui traduit une méconnaissance par les consommateurs des conditions de saisine du Médiateur. En effet, dans les deux-tiers des cas, le Médiateur ne peut qu’opposer cette irrecevabilité lorsqu’il constate que le consommateur n’a pas tenté de résoudre préalablement son litige auprès du professionnel avant de le saisir, comme le prévoit la loi.

Spécifiquement dans le secteur des télécoms, il existe une méconnaissance ou une incompréhension par les consommateurs des deux niveaux qu’ils doivent questionner chez les opérateurs avant de pouvoir me soumettre leur dossier en médiation (Service client et Service recours consommateurs). C’est pourquoi, j’ai fait une recommandation aux professionnels de façon à fluidifier la saisine de la médiation des communications électroniques visant à améliorer le taux de recevabilité des saisines.

Par ailleurs, certains consommateurs croient à tort que je suis un simple service client de leurs opérateurs pour lequel ils peuvent s’exonérer des règles procédurales de la médiation de la consommation ou un Service Public.

Fait marquant

Délai de traitement des saisines

Le délai de traitement des saisines pour rendre ma proposition de solution s’élève à 105 jours en 2025 en raison de dossiers complexes qui sont encore nombreux contrairement à mes attentes. Je pensais qu’avec le temps le traitement des litiges fibre serait plus rapide mais en raison des raccordements sur demande ou dits complexes qui restent à faire et des litiges dépendant de la réponse de l’opérateur d’infrastructures, le délai de traitement de certains litiges reste supérieur au délai de 90 jours prévu par le code de la consommation. Je tiens également à préciser que ce délai de traitement est impacté par les difficultés de recrutement de juristes en médiation en raison de la spécificité de cette activité. La Commission d’Evaluation et de Contrôle de la Médiation de la Consommation constate que le délai réel moyen de la médiation de la consommation dépasse 140 jours et continue de s’allonger. Cette dérive menace directement la crédibilité de la médiation, dont la finalité est d’offrir une voie plus rapide que le recours au juge.

105 JOURS DE DURÉE DE
TRAITEMENT GLOBAL DES DOSSIERS

Enjeux et perspectives

Les enjeux sont sensiblement les mêmes que ceux de l’année dernière auxquels se rajoutent six nouveaux sujets.

J’ai constaté une hausse des litiges en raison de consommateurs qui se font usurper leurs identifiants afin d’acheter par le biais de leurs comptes des e-sim ou d’autres services. Ces fraudes pouvant aller pour la victime jusqu’à la perte de sa ligne mobile.
Pour lutter contre ce fléau, l’information des consommateurs est clé dans le dispositif de lutte contre la fraude.

Je considère que l’information qui est donnée personnellement au consommateur devrait être renforcée. C’est pourquoi, à mon niveau, j’ai réalisé deux vidéos, l’une portant sur le phishing et le smishing (hameçonnage par email et par SMS) et l’autre sur le spoofing (protéger son numéro de téléphone mobile) pour sensibiliser les consommateurs à ces techniques de fraude.

Pour la première fois en 2025, j’ai reçu des demandes d’indemnisations de consommateurs en réparation du vol de leurs données à la suite d’attaques cyber subies par leur opérateur.

Le troisième sujet qui émerge concerne l’application de la garantie légale dans le cadre de la vente de terminaux neufs ou reconditionnés pour lesquels les professionnels ont tendance a renversé la charge de la preuve du dysfonctionnement sur le consommateur.

Le quatrième sujet émergent concerne de nouvelles problématiques dans la fibre, liées au changement d’opérateurs commerciaux par les consommateurs (le churn). Il s’explique par la maturité du réseau fibre et la concurrence par les prix des opérateurs commerciaux.

Après l'obligation de proposer une option de résiliation en « trois clics » introduite en 2023, le législateur français impose de nouvelles obligations aux professionnels facilitant la rétractation des contrats conclus par des consommateurs (Ordonnance n° 2026-2 du 5 janvier 2026 relatif à la commercialisation à distance de services financiers auprès des consommateurs). Les modalités d'intégration de la fonctionnalité sont précisées par le décret 2026-3 du 5 janvier 2026.

À compter du 19 juin 2026, les professionnels devront donc mettre en place une fonctionnalité de rétractation à leur interface en ligne et mettre à jour leurs conditions générales de vente afin d'informer les consommateurs de cette fonctionnalité.

J’avais formulé en 2024 une recommandation en ce sens, en avance sur la législation. La fiche pratique sur le droit de rétractation se trouvant sur le site de la médiation des communications électroniques a été mise à jour pour intégrer ces nouvelles obligations.

Je pourrai aussi avoir à traiter en 2026 de nouvelles problématiques relatives aux abonnements satellitaires qui pourraient augmenter à la suite de l’arrêt du réseau cuivre ou l’absence de possibilité pour le consommateur d’avoir le rétablissement de son accès à l’ADSL suite à une coupure sur un territoire non encore fibré.

Au 31 janvier 2025, la fermeture du réseau cuivre a été effective dans 162 communes. Elle n’a pas suscité une augmentation des saisines des consommateurs. Elle va s’étaler jusqu’en 2030. Je reste donc attentive au bon déroulé de cette fermeture.

Je rencontre encore trop d’adresses éligibles à la fibre alors que l’opérateur commercial se trouve dans l’impossibilité de raccorder l’habitation à la fibre du fait du réseau de l’opérateur d’infrastructure qui n’est pas conforme.

Certains consommateurs sont contraints d’attendre plusieurs mois pour pouvoir être fibrés soit auprès de leur opérateur commercial initial qui le leur a promis dans le cadre de son contrat, soit auprès d’un autre opérateur commercial s’il y a eu résiliation du contrat avec l’opérateur commercial initial.

Dans de nombreux cas qui me sont soumis, les opérateurs commerciaux doivent attendre l’intervention de l’opérateur d’infrastructure pour pouvoir installer la fibre chez le consommateur alors que l’adresse qu’ils ont commercialisée est déclarée éligible à la fibre.

Ce constat met l’opérateur commercial dans une situation d’impossibilité technique à réaliser l’installation de la fibre chez son client sans pouvoir même lui indiquer sous quel délai l’opérateur d’infrastructure va intervenir pour rendre possible le raccordement à la fibre du logement du consommateur.

Dans certains cas les délais peuvent encore se rallonger s’il est nécessaire pour l’opérateur d’infrastructures d’obtenir des autorisations administratives ou de tiers pour réaliser les travaux de raccordement.

Certains consommateurs sont encore toujours victimes de dégâts à leur domicile consécutifs à l’intervention d’un technicien peu scrupuleux du respect des règles d’installation de la fibre ou souffrent de problème de qualité de service de la fibre (déconnexion, interruption de service sans information préalable, problème de débit…).

Ces problèmes récurrents depuis le début de la construction du réseau fibre ont baissé mais restent encore un enjeu important pour faciliter la bascule au tout fibre.

Je vais être très attentive aux évolutions annoncées par les opérateurs pour 2026 afin d’assurer la qualité du réseau fibre.

Il existe un enjeu majeur maintenant que la construction des réseaux fibres touche à sa fin qui est celui de la qualité des services fibre qui sont susceptibles d’être différents d’un réseau à l’autre selon l’opérateur d’infrastructure qui l’a construit ou selon l’opérateur commercial qui assure l’exploitation commerciale du service fibre.

La couverture 4G mobile avoisine les 98 % du territoire et touche également à sa fin mais il reste toujours des problèmes d’antenne relais en panne ou de perte de débit qui me sont soumis par les consommateurs.

En attendant l’avènement de la 6G, les opérateurs opèrent le lancement de l’utilisation des services de « Direct to Device » qui permet de pallier les problèmes de couverture réseau (zones blanches) et de wifi en connectant le mobile directement au satellite afin d’assurer un service au consommateur qui je l’espère ne fera pas apparaître de problèmes nouveaux de facturation.

L’arrêt des réseaux mobiles 2G et 3G entre 2025 et 2030 est également à la source de nouveaux problèmes pour les consommateurs. Ces décisions d’extinction du réseau 2G/3G relèvent de la stratégie des opérateurs, en vertu du principe de neutralité technique qui est fixé par le cadre réglementaire européen.

Comme j’en faisais déjà l’alerte dans mon rapport annuel 2024, il est essentiel que les professionnels (opérateurs, prestataires de téléalarme, ascensoristes etc…) et les parties prenantes anticipent ces enjeux et mettent en œuvre des campagnes d’information afin de limiter les risques de mécontentement des consommateurs liés à ces évolutions, comme certains opérateurs l’ont déjà fait.

Certains consommateurs français en déplacement ont déjà été victimes de la fermeture des réseaux 2G/3G aux états unis par le passé et en Australie cette année. Les consommateurs français n’ont plus eu d’accès aux réseaux en Australie, sans aucune information préalable de la part de leur opérateur français du fait de l’arrêt de ces réseaux en Australie et de la décision australienne de bloquer toute une liste de terminaux. Les consommateurs français se sont vus privés outre de la possibilité d’utiliser leur téléphone mais également des informations relatives à leurs billets d’avion.

Un opérateur Français a subi également un incident majeur en raison de la migration de son réseau 3G en 4 G rendant inutilisables les mobiles de ses clients. Certes, cette évolution est nécessaire car elle apportera une meilleure capacité data doublée d’une modernisation du réseau voix via la VoLTE (appels en 4G/5G) mais elle nécessite d’informer préalablement des impacts pour que les clients puissent prendre leur disposition afin de limiter les risques d’interruption de service et les conséquences qui en découlent.

Je rappelle que le réseau 2G doit s'arrêter fin 2026 ou fin 2027 selon les opérateurs (voire dès le 31 mars 2026 dans certaines villes), tandis que la 3G, s’arrêtera fin 2028 ou courant 2029 pour un opérateur (voir fiche pratique arrêt des réseaux 2G/3G) . Selon les données de l'Arcep, ce sont 5,6 millions de cartes Sim qui sont encore installées dans des terminaux non-compatibles avec la 4G. Ce qui signifignent que leurs utilisateurs risquent une coupure de service dans les prochains mois ou années.

Enfin, la révision de la directive européenne médiation de la consommation (la directive 2025/2647 révisant la directive 2013/11/UE) a été publiée au JOUE du 30 décembre 2025 et devra être transposée en France avant le 20 mars 2028.

Je vais avec mon équipe appréhender au mieux les évolutions nécessaires à notre fonctionnement pour se conformer à ce nouveau cadre.

La directive vise à rendre le Règlement Extrajudiciaire des Litiges (ci-après REL) plus accessible et plus attrayant pour résoudre les litiges découlant d'accords contractuels, y compris en ce qui concerne les questions liées aux obligations précontractuelles.

La directive renforce le recours au REL dans le cas des litiges transfrontiers et simplifie les procédures de REL dans l'intérêt de l'ensemble des acteurs.

Sous certaines conditions, le REL sera désormais également disponible pour les litiges entre des consommateurs établis dans l'UE et les professionnels de pays tiers.

La France dispose d'un délai de 26 mois pour intégrer les nouvelles règles dans son droit national, et les règles s'appliqueront 32 mois après la publication de la directive au Journal officiel.

La Commission d’Evaluation et de Contrôle de Médiation de la Consommation (CECMC) a également dans le cadre de son rapport d’activité 2022-2025 émis 21 propositions d’amélioration du dispositif visant à fluidifier l’accès des consommateurs aux Médiateurs, favoriser la participation des professionnels, renforcer les garanties d’indépendance des Médiateurs et renforcer l’efficacité du processus de médiation.

Efficacité de la médiation et gratuité pour le consommateur

2025, à l’instar de l’année 2024 confirme également la volonté des professionnels de permettre aux consommateurs de pouvoir bénéficier d’un accès effectif à la médiation. Les professionnels, adhérents à la médiation des communications électroniques, n’ont pas recours abusivement à la possibilité qui leur est laissée par la loi de refuser d’entrer en médiation puisque lorsqu’ils le font leur refus est toujours justifié.

La médiation que je représente est donc une réelle alternative au règlement judiciaire grâce à la rigueur et au professionnalisme de toute l’équipe de la médiation qui chaque année cherche à améliorer son organisation et ses outils informatiques ainsi que d’accroître ses connaissances sur les problèmes nouveaux qui lui sont soumis.

La médiation de la consommation présente une singularité par rapport à la médiation judiciaire. Elle est totalement gratuite pour le consommateur.
Mon action et mes propositions de solution permettent de désengorger les tribunaux, tout en garantissant aux parties leur droit de saisir les tribunaux si elles ne sont pas d’accord avec la proposition de médiation.

Cette efficacité de la médiation passe par le rôle important d’accompagnement et de contrôle que joue la commission d’évaluation et de contrôle de la médiation de la consommation (CECMC) auprès des Médiateurs de la consommation. La CECMC a mis en place un système d’échanges d’information et de communication avec les Médiateurs de la consommation qui nous permet, nous les Médiateurs, de nous sentir soutenus dans notre action et de nous réassurer en cas d’incertitudes.
Elle est le garant du bon fonctionnement de la médiation de la consommation au regard des attentes des consommateurs, des professionnels et un gage de qualité des propositions de solution.

La CECMC est composée de hauts magistrats, de personnalités qualifiées d’horizons différents, de représentants d’associations de consommateurs agréées ainsi que de représentants de fédérations professionnelles.
Elle a pour rôle d’évaluer l’activité des Médiateurs de la consommation et d’en contrôler la conformité avec les exigences du Code de la consommation relatives à la médiation des litiges de consommation.

Enfin, la DGCCRF dans le cadre de son plan stratégique pour 2025-2028 a prévu de se rapprocher des Médiateurs de la consommation pour renforcer son rôle de régulateur économique et de protection des consommateurs.

https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/les-fiches-pratiques-et-les-faq/la-mediation-de-la-consommation-ce-que-vous-devez-savoir

Equité, impartialité, indépendance et rapidité

Il est important de souligner que les propositions de solution sont rendues en droit et en équité. C’est l’intérêt de la médiation de la consommation par rapport à la saisine d’un juge. En qualité de Médiatrice de la consommation, je vais être saisie sur demande d’un consommateur d’un différend afin de proposer aux parties du litige une proposition de solution que chaque partie sera libre d’accepter ou non, ce qui différencie mon travail des autres modes de règlement alternatifs des litiges.

La médiation des communications électroniques n’est pas uniquement là pour faire appliquer le droit. En tant que Médiatrice, j’ai la possibilité, si une situation ne me paraît pas équitable pour une des parties, de déroger au droit et de rendre une proposition de solution en équité. L’important est de trouver une solution acceptable pour les deux parties, dans un délai rapide de 90 jours en moyenne, en dehors des cas complexes.

Les propositions de solutions sont reprises et appliquées de la même façon à tous les litiges équivalents pour chacun des consommateurs qui me saisit ou pour tous les professionnels dans des circonstances identiques de façon à assurer mon impartialité. La jurisprudence de la médiation des communications électroniques est appliquée systématiquement de façon à garantir mon indépendance.

La proposition de solution peut être acceptée ou refusée par le consommateur et par le professionnel. Elle est confidentielle et le consommateur qui n’a pas accepté une proposition peut ensuite aller devant le juge soumettre son différend s’il le souhaite.

Les refus des consommateurs ou des professionnels d’une proposition de solution sont analysés avec attention. Cependant, j’ai pu remarquer qu’un certain nombre de consommateurs entrent en médiation, non pas pour trouver une solution à leur litige, mais uniquement pour pouvoir saisir les tribunaux par la suite. Ils le disent d’ailleurs clairement lors de la demande de médiation. Dans un tel cas, la médiation n’a que peu de chance d’aboutir sur un succès.

Je reste à l’écoute de toutes les explications qui me sont fournies pour appréhender au mieux chaque situation, ce qui peut aussi faire évoluer la jurisprudence de la médiation en cas d’éléments nouveaux.

Je rappelle également systématiquement aux professionnels les recommandations que j’ai pu faire sur des sujets lorsque ceux-ci ne les respectent pas. J’en ai rédigé 57 depuis mon premier mandat.

Compétence et qualité du travail 

La médiation est assurée par des experts du droit spécialisés notamment en droit de la consommation et des communications électroniques.

Je veille à ce que nos connaissances techniques et juridiques soient actualisées.

Je suis inscrite au club des Médiateurs de façon à partager nos expériences de Médiateur et ne pas être isolée dans le cadre de mon métier qui est régi par l’indépendance.

Cette participation au club des Médiateurs permet de veiller à respecter toutes les règles de la profession ou à les améliorer selon la jurisprudence de la CECMC que l’on peut retrouver sur son site internet (https://www.economie.gouv.fr/mediation-conso/commission).

Rôle essentiel des parties prenantes dans le processus de médiation 

Je ne rappellerai jamais assez l’importance du rôle des parties prenantes au litige pour me permettre d’élaborer une proposition de solution visant à mettre un terme au différend qui oppose le consommateur au professionnel. Pour analyser le litige qui m’est soumis, j’ai besoin d’entendre les arguments des parties prenantes. Elles doivent me rapporter la preuve de leurs dires.

Or, je rencontre toujours des difficultés avec certains professionnels qui sont, soit silencieux, soit me communiquent des éléments contradictoires. Alors même que la charte de médiation engage le professionnel à répondre et à me communiquer les pièces et informations dans un délai défini d’un mois. Je déplore que certains professionnels n’instaurent pas une politique unique, harmonieuse et cohérente pour l’acception des propositions de solution que je peux faire et se reposent sur l’appréciation individuelle de leurs collaborateurs pour décider d’accepter ou non une proposition de solution.

Par ailleurs, certains consommateurs me produisent des pièces importantes après avoir reçu une proposition de solutions, ce qui est inutile car trop tardif alors que la proposition de solution aurait pu être différente si ces pièces avaient été produites avant.

Remerciements à l’ARCEP pour la contribution de Laure de la Raudière

Je remercie la Présidente de l’ARCEP, Laure de la Raudière pour l’éclairage apporté au travers de sa contribution dans mon rapport sur les problématiques rencontrées par les consommateurs en 2025 et les actions entreprises pour les éviter voire les supprimer.

Soutien de l’Association de la Médiation des Communications Electroniques (AMCE)

L’AMCE m’a apporté tous les moyens nécessaires à l’exercice de ma mission comme chaque année.

Néanmoins, je rencontre des difficultés à recruter comme de nombreux autres Médiateurs de la consommation, en raison du manque d’attractivité du poste de juriste au sein d’une association. De surcroît, je constate et déplore une évolution dans les générations récentes de juristes, qui ont des niveaux de compétences, de performances et d’implication en baisse par rapport aux générations précédentes. La gestion des ressources humaines devient un vrai enjeu de réussite. 

Je me félicite également pour le bon fonctionnement de la médiation des communications électroniques que de nouveaux professionnels aient rejoint l’AMCE, dont des opérateurs d’infrastructures. Leurs nouveaux clients, consommateurs, dans le cadre de leurs prestations de services peuvent ainsi bénéficier d’un service de médiation de la consommation de qualité et efficace.

Je souhaite remercier Henri Dolivier, le Directeur Général de l’AMCE ainsi que toute l’équipe de la médiation pour leur travail et leur implication depuis de nombreuses années pour la bonne gestion de la médiation.
Cette année encore, la médiation des communications électroniques est partenaire de la chaire du droit de la consommation de la faculté de droit de Cergy Pontoise.